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interview

Gilles Vaissié
Président du groupe immobilier GVIO

Leader français des parcs d’activités

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1/ Le marché des locaux d’activité semble être dans une période plutôt porteuse. Comment percevez-vous ce marché et quels sont néanmoins les éléments qui en font sa complexité ?

Il faut tout d’abord repréciser quelques points sur ce marché des locaux d’activités puisqu’il y en a plusieurs approches. D’un point de vue des utilisateurs, globalement, qu’il s’agisse de l’acquisition comme de la location, le marché n’est pas spéculatif, il est relativement stable et la demande est plutôt en croissance, en particulier en Ile de France. 

Si nous faisons un rapide point sur l’offre, nous pouvons dire qu’il y a encore peu de bons produits car le marché est resté longtemps très atomisé et sans nouveaux programmes. Globalement, les parcs ont mal vieilli car ils ont été peu entretenus et il ne s’est finalement pas passé grand chose entre les années 90 et 2003, 2004. Or sur ce marché, comme sur d’autres, c’est bien l’offre qui créé la demande. Et c’est l’offre neuve qui fixe en réalité le niveau des nouveaux prix de marché. Les utilisateurs potentiels sont aujourd’hui prêts à payer plus cher pour un bon produit. Il ne faut donc pas se baser sur la théorie des prix bas pour faire vivre un parc d’activités.

Concernant les investisseurs, pour finir sur ce tour d’horizon, cette « classe » n’était pas reconnue sur ce marché jusqu’en 2003. Ils n’achetaient pas car les locaux étaient plutôt utilisés par des locataires et qu’ils ne pouvaient donc pas vendre « d’Asset Management ». Le marché a rapidement évolué avec les Britanniques qui, en proposant des produits banalisés et polyvalents, ont pris des risques mesurés, profitables et ont instauré une exigence de qualité. Ces locaux ont ainsi commencé à être bien gérés en France, et à être des investissements rentables !

Ce marché est en effet complexe car l’utilisateur est exigent, mais souhaite un produit adapté à ses besoins. Ce ne sont pas des entrepôts mais ils ont tout de même quelques points communs avec eux. Il existe donc une complexité technique, juridique et une grande diversité de cas. Mais peu d’entreprises aujourd’hui savent les construire et les gérer correctement. Les locaux d’activités sont très normés mais peu de gens le savent. Si on ne respecte pas ces normes, la sanction est immédiate sur le marché : ils restent vides.

2/ Etes-vous régulièrement sollicité directement par les collectivités locales et qu’attendez-vous de celles-ci dans le cadre de vos opérations ?

Nous travaillons et sommes en contact régulier avec des collectivités locales. Néanmoins, GVIO ne s’est pas positionné en première ligne en tant que promoteur-investisseur. Les collectivités ont une passion pour les immeubles de bureau. Il existe bien une demande de leur part pour réaliser des parcs d’activité mais bien souvent en Ile de France, le foncier est trop cher pour permettre d’avoir des parcs rentables. Nous intervenons donc souvent dans le cas où les promoteurs ont des opérations incluant à la fois du bureau et des locaux d’activités pour équilibrer l’ensemble. Les collectivités ne sont pas toujours lucides sur ces parcs. Or nous sommes convaincus que le « clé en main » n’est pas une solution car ces bâtiments sont du coup obsolètes très rapidement.  Nous devrions privilégier donc la solution de parcs « recyclables », c’est-à-dire modulaires, normés et sécables.

Nous attendons de la part des collectivités, quand elles le peuvent, de prendre du recul pour réfléchir et anticiper autant que possible les besoins du marché. D’autre part, nous attendons qu’elles proposent des assises foncières qui correspondent bien aux produits à venir et qu’elles acceptent un COS faible. Par exemple, l’accès rapide et facile par camion est indispensable. Nous devons répondre à des demandes par exemple pour le e-commerce qui ont besoin de locaux proches des centres villes.

3/ Quelles sont selon vous vos opérations phares ?

Nous avons acquis à ce jour un patrimoine de 750.000m² en France, essentiellement en Ile de France. Parmi nos belles opérations, j’en citerais deux : la première à Saint Ouen sur 72.000m². Nous avons repris les anciens Magasins Généraux que nous réhabilitons et que nous sommes en train de relouer lot par lot. C’est une belle opération car elle est situé contre Paris, sur une surface très intéressante et que nous avons  pour challenge d’identifier les nouveaux besoins des utilisateurs pour les 10 prochaines années. L’autre opération est Val Fontenay (Fontenay sous Bois), une commune en avant de Marne la Vallée. C’est un très bon marché au confluent  de l’A86 et du RER. Nous avons repris là le GVIO parc du Péripôle, construit dans les années 80 sur 57.000m² et racheté il y a 5 ans. La ville gagne du terrain et notre rôle ici va être de  recycler une partie des bâtiments en bureaux pour s’adapter à cette avancée de la ville. La collectivité a permis la construction d’un parc intelligent, à nous de l’adapter aux nouveaux besoins du marché.

Globalement, l’idéal est de pouvoir construire au moins 10.000m² de 20 cellules avec 13 à 14 locataires qui peuvent alors trouver à tout moment des solutions d’implantation. Mais l’effet de seuil jouant, nous estimons que les opérations en deçà de 20.000m² sont difficiles à amortir en terme de service, notamment concernant le gardiennage et la sécurité.

4/ Quelle est votre stratégie en terme d’investissement et de développement de locaux d’activités en France ? Par exemple, vous êtes peu présents dans le grand ouest. Quelle en est la raison ?

Nous sommes en réalité très opportunistes. La majorité de nos investissements ont été acquis en Off Market. Nous allons les chercher. Nous sommes en effet très présents sur l’Ile de France puis en province sur l’axe Lille, Lyon, Marseille car la densité de population y est forte. Nous avons une économie d’échelle à respecter et avons sur ces agglomérations la possibilité de réaliser plusieurs opérations. C’est sans doute moins évident sur Rennes, Nantes ou Bordeaux. Mais pourquoi pas à terme si cela se présente.

 
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